Smartphones ID
quels identifiants porte votre téléphone
IMEI, numéro de série, identifiant publicitaire : tous ne se valent pas et un seul se change. Lequel, comment, et ce que cela modifie réellement.
Un smartphone porte deux familles d’identifiants. Les premiers sont gravés dans l’appareil ou liés à votre compte — IMEI, numéro de série, identifiant Apple ou Google — et ne se modifient pas. Le second est l’identifiant publicitaire, attribué par le système, lisible par toutes les applications installées, et conçu pour être remplacé ou supprimé : sur Android depuis les paramètres de confidentialité, sur iPhone en refusant les demandes de suivi. Le couper réduit le ciblage sans rendre l’appareil anonyme, car l’empreinte technique et le compte utilisé restent identifiants.
- Un seul identifiant se change : l’identifiant publicitaire, prévu pour être jetable.
- Deux logiques opposées : Android manipule le numéro, iPhone arbitre application par application.
- L’IMEI reste figé : c’est ce qui permet de bloquer un téléphone volé.
- Ce n’est pas de l’anonymat : l’empreinte d’appareil et le compte utilisé subsistent.
Deux familles d’identifiants que l’on confond tout le temps
Quand on cherche « l’ID » d’un smartphone, on tombe presque toujours sur l’IMEI. C’est une réponse correcte, et très incomplète. Un téléphone porte plusieurs identifiants, qui ne servent pas aux mêmes personnes et ne se manipulent pas de la même façon.
La première famille est gravée dans l’appareil ou rattachée à votre compte : elle existe pour le service après-vente, la déclaration de vol, l’assurance, la gestion d’un parc téléphonique. La seconde est invisible, vit uniquement dans le logiciel, et a été créée pour les applications et la publicité. Un seul critère sépare vraiment ces deux mondes du point de vue de l’utilisateur : ce qui est modifiable et ce qui ne l’est pas.
| Identifiant | À quoi il sert | Modifiable ? |
|---|---|---|
| IMEI | Immatricule le modem auprès des réseaux mobiles, permet le blocage après un vol | Non |
| Numéro de série | Identifie l’exemplaire chez le fabricant : prise en charge, réparation, authenticité | Non |
| Identifiant de la carte SIM | Identifie l’abonné auprès de l’opérateur, suit la ligne et non l’appareil | Change avec la SIM |
| Compte Apple ou Google | Ouvre la session, synchronise les données, verrouille l’appareil | Oui, en changeant de compte |
| Identifiant publicitaire | Relie entre elles les observations faites par différentes applications | Oui, réinitialisable ou supprimable |
L’identifiant publicitaire, le seul réellement sous votre contrôle
Cet identifiant est une suite de caractères attribuée à votre appareil par le système. Il n’est pas lié à votre nom, ni à votre numéro de téléphone, ni à votre carte SIM. Il ne dit rien de vous en lui-même. Ce qui le rend efficace tient à sa diffusion : toutes les applications de votre téléphone peuvent le lire, et elles lisent toutes le même.
Prenons un exemple, qui illustre le principe du recoupement sans décrire un circuit particulier. Une application de météo, une de jeu, une de livraison et une de presse ne se connaissent pas entre elles. Si chacune transmet ses observations à des acteurs publicitaires qui, eux, échangent leurs données, l’identifiant commun sert de fil : ce téléphone consulte tel type de contenu le matin, s’intéresse à tel type de produit le soir, fréquente telle zone. Un profil se construit sans qu’aucun nom n’ait jamais circulé.
La différence avec l’IMEI tient à la conception. L’IMEI est un numéro d’immatriculation permanent, qui doit rester stable pour que les réseaux et les procédures de vol fonctionnent. L’identifiant publicitaire, lui, a été pensé dès l’origine comme jetable : les deux systèmes prévoient de le remplacer ou de le neutraliser, et ce mécanisme fait partie du fonctionnement normal, pas d’un contournement.
Le remettre à zéro ou le couper
Android et iPhone côte à côte
Les deux systèmes répondent au même problème par des chemins opposés. Android vous laisse manipuler l’identifiant lui-même. iPhone ne vous le montre pas et vous fait arbitrer application par application. Voici les deux parcours, dans l’ordre.
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Android — ouvrir les paramètres, puis Confidentialité
Depuis les paramètres du téléphone, entrez dans la rubrique Confidentialité, puis dans la section Annonces. Les libellés varient un peu selon les surcouches des fabricants : cherchez le mot « annonces » ou « publicité » si l’entrée n’apparaît pas au premier coup d’œil.
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Android — choisir entre réinitialiser et supprimer
Réinitialiser attribue un nouveau numéro : le profil accumulé perd son fil, un autre se reforme derrière. Supprimer n’attribue rien du tout et les applications ne reçoivent plus qu’une valeur vide. Si votre objectif est la confidentialité et non la pertinence des annonces, la suppression est la seule option cohérente.
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iPhone — ouvrir Réglages, Confidentialité et sécurité, Suivi
Cette page liste les applications qui ont demandé l’autorisation de vous suivre à travers les services d’autres entreprises, avec la réponse que vous leur avez donnée. Chaque autorisation se révoque d’un geste, à tout moment.
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iPhone — couper la question à la source
En haut de cette même page, un réglage global désactive la possibilité même de vous poser la question. Toutes les demandes futures sont alors refusées d’office, sans fenêtre à l’écran. C’est l’équivalent pratique de la suppression côté Android.
Le dispositif de demande d’autorisation existe sur iPhone depuis iOS 14.5. Une application qui n’obtient pas de réponse favorable ne récupère pas l’identifiant : elle voit une valeur vide, exactement comme sur un Android où l’identifiant a été supprimé.
Les annonces ne disparaissent pas et ne sont pas censées disparaître. Les applications gratuites continueront d’en afficher : ce qui change, c’est leur personnalisation. Sans identifiant commun, les observations faites dans différentes applications se recollent beaucoup moins facilement, et les annonces deviennent plus génériques. Vous gagnez en confidentialité, pas en tranquillité visuelle.
Les identifiants que vous ne pouvez pas changer
L’IMEI est le premier de la liste. Il identifie le modem de l’appareil auprès des réseaux mobiles, il se compose d’une quinzaine de chiffres, et il n’est pas modifiable par l’utilisateur. C’est volontaire : c’est ce numéro qui permet de faire bloquer un téléphone volé auprès des opérateurs. Sa falsification est encadrée par la loi dans de nombreux pays, et les outils qui prétendent le changer visent une opération interdite.
Le numéro de série suit la même logique du côté du fabricant. La carte SIM porte de son côté son propre identifiant d’abonné, qui suit la ligne et non l’appareil : changer de téléphone en gardant sa SIM conserve cet identifiant-là, changer de SIM le remplace.
Reste l’adresse matérielle du réseau, celle que votre téléphone présente quand il se connecte en Wi-Fi. Elle était autrefois fixe, ce qui permettait aux exploitants de lieux publics de suivre les passages d’un appareil de boutique en boutique. Les deux systèmes ont réagi de la même façon : le téléphone présente désormais une adresse différente à chaque réseau, générée aléatoirement. La fonction est active par défaut et porte des intitulés voisins d’un système à l’autre, construits autour de l’idée d’adresse privée ou aléatoire. Elle se désactive réseau par réseau, ce que demandent parfois les réseaux d’entreprise ; en dehors de ce cas, mieux vaut la laisser tranquille.
Pourquoi couper l’identifiant ne vous rend pas invisible
C’est la limite que beaucoup d’articles passent sous silence, et elle mérite d’être posée franchement : supprimer l’identifiant publicitaire ne vous fait pas disparaître.
D’abord parce qu’un téléphone laisse une empreinte sans avoir besoin de numéro. Modèle, version du système, langue, fuseau horaire, taille d’écran, polices installées, réglages divers : pris isolément, chacun de ces éléments est banal. Combinés, ils forment une signature souvent suffisante pour reconnaître le même appareil d’une visite à l’autre. C’est ce qu’on appelle l’empreinte d’appareil, et elle progresse précisément à mesure que les identifiants officiels se ferment.
Ensuite parce que le compte reste le point de rattachement le plus solide. Une session ouverte sur un service, une adresse de courrier électronique utilisée pour s’inscrire, un numéro de téléphone donné pour la vérification : ces éléments identifient bien plus sûrement qu’un numéro anonyme, et aucun réglage de confidentialité ne les efface.
Ce que la manipulation apporte reste néanmoins réel. Elle coupe le fil le plus commode, celui que toutes les applications lisaient sans effort, réduit la précision du ciblage et complique le recoupement. En revanche, rien ne dispense de regarder les autorisations accordées aux applications ni de trier ce que l’on installe.
Avant de revendre ou de donner le téléphone
C’est le moment où les identifiants cessent d’être une question théorique. Un appareil cédé sans préparation reste rattaché à son ancien propriétaire, et le nouvel utilisateur se retrouve devant un écran qui réclame un compte auquel il n’a pas accès. L’ordre des opérations compte autant que les opérations elles-mêmes.
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Noter l’IMEI et le numéro de série, garder la facture
Ces numéros deviennent introuvables une fois l’appareil effacé et cédé. Ils servent à prouver la propriété en cas de litige, à appuyer une déclaration si le colis se perd, ou à répondre à un acheteur qui veut vérifier l’historique du téléphone.
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Régler le sort de la ligne
Une carte SIM physique se retire simplement. Une eSIM demande d’être supprimée de l’appareil ou transférée vers le nouveau téléphone, faute de quoi vous laissez partir une ligne active avec le matériel.
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Se déconnecter du compte depuis le téléphone
La déconnexion depuis l’appareil lui-même lève le verrouillage d’activation, celui qui réclamera l’identifiant d’origine au prochain démarrage. Une remise à zéro faite sans cette déconnexion laisse le verrou en place : l’ordre inverse ne fonctionne pas.
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Réinitialiser, et vérifier l’écran d’accueil
La remise à zéro vient en dernier. Au redémarrage, l’appareil doit afficher l’assistant de configuration d’un téléphone neuf, sans aucune demande de compte. Si un identifiant est encore réclamé, c’est que la déconnexion n’a pas été menée à son terme.
Quel est l’identifiant unique de mon smartphone ?
Il n’y en a pas un seul, et c’est la source de la confusion. L’IMEI identifie le modem auprès des réseaux mobiles, le numéro de série identifie l’exemplaire chez le fabricant, l’identifiant de compte Apple ou Google identifie la session, et l’identifiant publicitaire identifie l’appareil auprès des applications. Le premier réflexe utile n’est pas de chercher lequel est « le vrai », mais de savoir lequel vous pouvez changer : seul le dernier de cette liste est prévu pour l’être.
Peut-on modifier l’IMEI d’un téléphone ?
Non, et il ne faut pas essayer. L’IMEI est fixé dans l’appareil pour permettre aux opérateurs de bloquer un téléphone déclaré volé, et sa falsification est encadrée par la loi dans de nombreux pays. Les outils qui promettent d’en changer relèvent au mieux de l’illusion. Si vous cherchez à effacer une trace avant une revente, ce n’est pas l’IMEI qu’il faut viser mais le compte rattaché à l’appareil.
Supprimer l’identifiant publicitaire fait-il disparaître la publicité ?
Non, et le système le dit lui-même au moment de la manipulation. Les applications gratuites continueront d’afficher des annonces : ce qui change, c’est leur personnalisation. Sans identifiant commun, les observations faites dans différentes applications se recollent beaucoup moins facilement. Vous gagnez en confidentialité, pas en tranquillité visuelle.
Faut-il choisir entre réinitialiser et supprimer l’identifiant sur Android ?
Les deux répondent à des besoins différents. La réinitialisation attribue un nouveau numéro : le profil accumulé perd son fil, mais un autre se construit derrière. C’est une remise à zéro périodique, utile si vous souhaitez conserver des annonces à peu près pertinentes. La suppression n’attribue rien du tout et ferme la porte durablement. Si votre objectif est la confidentialité et non la pertinence, la suppression est la seule option cohérente.
« Smartphone ID » désigne-t-il autre chose ?
Oui, et cela explique des résultats de recherche parfois déroutants. Une société française porte ce nom et développe des solutions de photo d’identité numérique conformes aux normes administratives : rien à voir avec les identifiants techniques d’un téléphone. Quand la requête renvoie à des avis d’utilisateurs et à des questions de format de photo, c’est de cette entreprise qu’il s’agit, pas de l’IMEI ni de l’identifiant publicitaire.
Retenez le tri plutôt que la liste : ce qui est gravé dans l’appareil vous protège, ce qui vit dans le logiciel vous suit. Le second se règle en deux minutes, une fois qu’on sait où regarder.