« Tel que »
la règle d’accord et les cas qu’on confond
Avec « tel que », on accorde « tel » sur le nom qui précède, pas sur l’exemple cité. La règle, les cas voisins et un mémo pour ne plus hésiter.
Dans « tel que », « tel » s’accorde avec le nom qui précède : on écrit « des villes telles que Paris », l’accord se faisant avec « villes », pas avec « Paris ». Employé seul, sans « que », « tel » s’accorde au contraire avec le nom qui suit (« telle une lionne »). Et « tel quel » s’accorde avec le nom auquel il se rapporte (« je le rends tel quel »). Dans tous les cas, « que » reste invariable.
- Tel que : accord avec le nom qui précède la locution.
- Tel seul : accord avec le nom qui suit.
- Tel quel : accord avec le nom concerné, à ne pas confondre avec « tel qu’elle ».
- Que : conjonction, toujours invariable.
« Tel que »
avec quoi s’accorde « tel » ?
La réponse tient en une phrase : dans « tel que », « tel » s’accorde avec le nom qui le précède, celui auquel il se rapporte. C’est ce nom, placé avant la locution, qui commande le genre et le nombre.
Quelques exemples le montrent mieux qu’une règle abstraite. On écrit « des villes telles que Paris et Lyon » : « telles » s’accorde avec « villes », féminin pluriel, et non avec « Paris ». De même, « un écrivain tel que Victor Hugo » donne « tel » au masculin singulier, parce qu’on parle d’un « écrivain ». Et « des outils tels que le marteau et la scie » prend « tels », à cause d’« outils ».
Le piège est toujours le même : on est tenté d’accorder « tel » avec le mot qui suit « que », l’exemple cité. Or cet exemple n’est qu’une illustration. Le vrai pilote de l’accord, c’est le nom annoncé juste avant. Une fois ce réflexe pris, l’hésitation disparaît.
« Que » ne s’accorde jamais : c’est une conjonction, elle reste invariable en toutes circonstances. Seul « tel » bouge.
« Tel » employé seul
la règle s’inverse
Sans « que », le fonctionnement change. « Tel » employé seul, dans une comparaison, s’accorde cette fois avec le nom qui le suit. La logique reste cohérente : « tel » s’accorde toujours avec ce à quoi il se rapporte, sauf que, dans cet emploi, l’élément de référence se trouve après lui.
« Tel un éclair, il traversa la pièce » : « tel » s’accorde avec « éclair ». « Telle une lionne, elle protégeait les siens » : « telle » s’accorde avec « lionne ». On retrouve le même mécanisme dans des tournures comme « les enfants couraient, tels des oiseaux libérés ». Cet emploi, sans « que », appartient surtout à un registre soutenu ou littéraire : on le croise plus souvent dans un roman que dans un e-mail.
La différence avec « tel que » est donc nette. Avec « que », on regarde derrière ; sans « que », on regarde devant. Dans les deux cas, on cherche le nom qui sert de point de comparaison réel, et on accorde dessus.
« Tel quel »
un cas à part
« Tel quel » est une locution figée qui signifie « sans changement, dans l’état où c’est ». Les deux mots s’accordent ensemble avec le nom auquel ils se rapportent : telle quelle, tels quels, telles quelles.
On écrit « je te rends ta voiture telle quelle » : l’accord se fait au féminin singulier, avec « voiture ». « Je cite ses propos tels quels » passe au masculin pluriel, avec « propos ». Et « laisse les affaires telles quelles » donne le féminin pluriel, avec « affaires ».
L’erreur la plus répandue est l’orthographe « tel qu’elle », qui n’a aucun sens dans cet emploi. « Tel qu’elle » existe, mais seulement quand « elle » est un vrai pronom sujet : « une réponse telle qu’elle l’attendait ». Si l’on peut remplacer la tournure par « sans changement », c’est « tel quel » qu’il faut écrire, en deux mots accordés, pas « qu’elle ».
Les erreurs fréquentes et comment les éviter
Trois fautes reviennent sans cesse, et toutes se corrigent avec le même réflexe : identifier le nom qui commande l’accord.
La première est de figer « tel que » au masculin singulier. On lit souvent « des fleurs tel que la rose », alors qu’il faut « des fleurs telles que la rose », l’accord se faisant avec « fleurs ». La deuxième est d’accorder « tel que » avec l’exemple cité plutôt qu’avec le nom annoncé : « des régions telles que la Bretagne » est correct, « des régions tel que la Bretagne » ne l’est pas. La troisième touche « tel quel », écrit « tel qu’elle » par confusion avec le pronom.
Un mot, enfin, sur la confusion avec « comme ». Les deux peuvent introduire un exemple, mais « comme » est invariable et plus léger à l’oral, tandis que « tel que » impose son accord. Choisir « comme » quand l’accord pose problème n’est pas tricher : c’est parfois la formulation la plus naturelle.
Mémo
décider en une seconde
Pour ne plus se tromper, une seule question suffit : à quel nom « tel » se rapporte-t-il ? L’accord se fait sur ce nom, en genre et en nombre. Avec « tel que », ce nom est juste avant la locution. Sans « que », il est juste après. Pour « tel quel », les deux mots s’accordent ensemble sur le nom concerné.
| Tournure | Accord de « tel » | Exemple |
|---|---|---|
| tel que | avec le nom qui précède | des villes telles que Paris |
| tel (seul) | avec le nom qui suit | telle une lionne |
| tel quel | avec le nom concerné | je le rends tel quel |
Un seul repère pour les trois cas : ne mémorisez pas trois règles séparées, cherchez le nom de référence et accordez dessus. Et gardez en tête que « que », lui, ne bouge jamais.
Pourquoi écrit-on « des villes telles que Paris » et non « tel que » ?
Parce que dans « tel que », « tel » s’accorde avec le nom qui le précède, ici « villes », féminin pluriel. On écrit donc « telles ». Le nom cité après « que » (Paris) n’est qu’un exemple : il ne commande pas l’accord. Le réflexe est de remonter au nom annoncé avant la locution.
Quelle différence d’accord entre « tel » et « tel que » ?
Avec « que », « tel » s’accorde avec le nom qui précède (« des outils tels que le marteau »). Sans « que », dans une comparaison, « tel » s’accorde avec le nom qui suit (« tel un éclair », « telle une lionne »). Dans les deux cas, on accorde sur le nom qui sert réellement de point de comparaison.
Comment accorde-t-on « tel quel » ?
« Tel quel » s’accorde avec le nom auquel il se rapporte : telle quelle, tels quels, telles quelles. On écrit « je te rends ta voiture telle quelle » ou « je cite ses propos tels quels ». Astuce : si l’on peut remplacer par « sans changement », c’est « tel quel » qu’il faut écrire, jamais « tel qu’elle ».
Faut-il accorder « que » dans « tel que » ?
Non. « Que » est une conjonction, il reste invariable en toutes circonstances. Seul « tel » varie en genre et en nombre, et il s’accorde avec le nom qui précède la locution.
Quand écrire « tel quel » et quand écrire « tel qu’elle » ?
« Tel quel » est une locution figée signifiant « sans changement » : « laisse-le tel quel ». « Tel qu’elle » s’emploie seulement quand « elle » est un vrai pronom sujet, suivi d’un verbe : « une réponse telle qu’elle l’espérait ». Si la phrase garde son sens en remplaçant par « sans changement », c’est « tel quel ».
Un seul réflexe résout les trois cas : repérer le nom auquel « tel » se rapporte et accorder dessus. Avant la locution pour « tel que », après pour « tel » seul, sur le nom concerné pour « tel quel ». Et « que » qui ne change jamais.